Le train est arrivé à la gare aux alentour de 5h30, à l’ancienne Victoria Station, magnifique gare à l’anglaise. On prend un taxi pour se rendre sur Colaba, où se situent la plupart des hôtels, et là, la recherche du compromis hôtel pas trop cher, libre et propre commence. Pas facile, car à Mumbai, les prix des hôtels sont assez importants. Certains, ok ils avaient l’air plutôt classe, tarifent 75€ la nuit : hors budget. On finira au Cowies, pas très loin de l’hôtel Taj Mahal pour tout de même 30€ la nuit : cela va plomber la moyenne des prix des nuits passées en Inde ! Mais au moins, on a trouvé ! Une bonne douche plus tard, nous partons à la découverte de cette immense ville de 15 millions d’habitants. On traverse le quartier de Colaba, et nous rendons pas loin de Church Gate Station et assistont à l’incroyable spectable des livreurs de déjeuner, tous membres de la caste des Dabbawallahs. En fait, tous les matins les housewifes de Bombay préparent des paniers repas à leurs maris qui travaillent un peu partout dans la ville. Les femmes déposent les paniers, ceux-ci sont ensuite acheminés à la gare et les livreurs les trient en fonction du quartier d’acheminement. Puis entre 11 heures et midi, ce sont des milliers de repas qui partent dans les 4 coins de la ville, un exploit logistique dans cette anarchie organisée qu'est l'Inde. Tout cela semble extrêmement bien organisé, c’est fou ! on repart pour visiter le marché de Crawford puis le quartier de Zaveri et Chor, majoritairement Musulmans. Ca grouille de monde. Une petite pause, histoire de voir l’éclipse partielle de soleil ! Et oui, aujourd’hui il y a une éclipse totale quelque part en Inde, mais elle n’est que partielle à Bombay. On finira l'après-midi vers la Chowpatty Beach et Malabar Hill où l'on découvrira par hasard un petit village, avec temple, ghat, artisans, et atmosphère comme on les aime, on traversera rapidement un bidonville après s'être égaré. Le soir, on hésite à se faire un bollywood, mais on est un peu naze, on renonce. On va manger au Bademiya, un resto de rue très couru qui était bien bon. Le lendemain, on prend le bateau pour Elephanta Caves. On y découvre des grottes dans lesquelles des temples avaient été construits entre le V et VIII siècle, magnifique. On profite pour faire quelques petites emplettes auprès des marchands de babioles. Dans l’après midi, on s’approche de la gare de Mahalaxmi pour voir le quartier des blanchisseurs « Mahalaxmi » : sur une immense superficie, des lavoirs à l’eau douteuse, où des laveurs battent avec frénésie le linge des habitants de Bombay avant de le leur rendre séché, repassé et plié. Bombay est une grande ville, on n’a vu qu’une toute petite partie de celle-ci. Pour repartir en France, au décollage, on a survollé le bidonville qui a été filmé dans Slumdog Millionnaire, du coup on a re-regardé le film dans l’avion, comme ça, on est resté en Inde un peu plus longtemps.

 

On est partie avec une quasi certitude, on y retournera bientôt : oui, on a attrappé un virus, celui du besoin de l’Inde. On pense à tous ces gens gentils, à tous ceux qui n’ont pas beaucoup pour vivre, voire quasiment rien. Ce pays évolue, et cela est nécessaire, mais la richesse qu’il produit n’est malheureusement pas encore suffisante pour toutes ces bouches. Comment sera l’Inde dans 10 ans, y aura-t-il encore autant de Saris ? autant de mystère ? Egoïstement, on voudrait que le pays ne change pas, qu’il garde sa spécificité mais on ne peux pas non plus rester de marbre face à la grande partie de ce peuple qui a besoin de s’enrichir pour vivre et non plus survivre.

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